LES BALS CLANDESTINS
DURANT L'OCCUPATION


Les autorités d'occupation ont interdit les bals publics, "article 1er de l'arrêté préfectoral en dâte de 23 mai 1941", seuls étaient autorisés sous certaines conditions les bals de noces. Même les bals de bienfaisance par exemple au profit des prisonniers de guerre étaient interdits. Malgré cette interdiction les jeunes gens de l'époque organisaient des bals clandestinement, l'annonce se faisait de bouche à oreille, ils étaient en général gratuits, mais une quête était organisée.

Les bals se faisaient dans des endroits reculés de toute habitation et des routes, d'anciennes carrières par exemple.

Plusieurs accordéonistes furent inquiétés par certains gendarmes français qui leurs faisaient la chasse, bien souvent l'instrument était confisqué et une amende était infligée.

Un accordéoniste de Louargat Albert Le Bris, fut pris une deuxième fois à organiser un bal clandestin dans une carrière au Manaty en Louargat le 20 avril 1943, il déclara aux gendarmes : "Si j'ai organisé cette matinée dansante, c'est uniquement pour payer un procès verbal pour avoir organisé un autre bal le dimanche 4 avril 1943".

Comme le prouve les documents ci-dessous l'église était opposée aux bals, voyant d'un mauvais oeil les jeunes gens enlacés. Le curé de cette paroisse baptisait les jeunes gens qui participaient aux bals clandestins de troglodytes parce qu'à sa connaissance les bals se faisaient dans des carrières.

L'église appelait l'accordéon : "la boite du diable".



Louis ROLLAND
de Louargat

Louis ROLLAND accordéoniste de métier

Ernest ROUSSEL "Nénesse"
de Plounévez-Moëdec

Histoire de l'accordéon de Nénesse

Bulletin paroissial de Louargat - Saint-Eloi
du 5 avril 1942



Bulletin paroissial de Louargat - Saint-Eloi